Rubrique : Interviews

Publié le : 15 avril 2004
Jean-Marc MONTERA

Jean-Marc Montera occupe une place essentielle sur la scène européenne des musiques improvisées et plus largement, des musiques dites "de traverse". Il a largement étendue les possibilités de son instrument en incluant dans sa démarche l’utilisation des nouvelles technologies.
Il a joué entre autres avec André Jaume, Barre Philips, Fred Frith, Yves Robert, Chris Cutler, Paul Lovens, Gunter Muller... Il a multiplié également les collaborations avec d’autres artistes (metteur en scène, chorégraphes, plasticiens, poètes, etc.).
Artistiquement très engagé, il est un des initiateurs du GRIM (Groupe de Recherches et d’Improvisations Musicales) à Marseille dont il est aujourd’hui à la direction.

 

J : Qu’est-ce qui t’a déterminé à devenir musicien ?

Jean-Marc Montera : Cela remonte à loin maintenant... Je ne sais pas si c’est du déterminisme mais j’ai baigné dans un milieu musical, en tout cas guitaristique dès mon enfance. Mon grand-père était guitariste amateur à l’estudiantine ajaccienne ; mon père jouait de la guitare aussi et j’ai toujours eu des instruments de musique à portée de main. C’est donc venu assez naturellement dans un bain familial avec une révélation un peu plus forte aux alentours de 14 ou 15 ans.

J : Quelles ont été les rencontres déterminantes...

JMM : Il y en a eu beaucoup ; le problème, c’est qu’en n’en nommant que quelques unes, on élude les autres alors qu’elles sont souvent aussi importantes. Pour ponctuer les choses de 10 ans en 10 ans, j’ai eu la rencontre avec André Jaume avec qui j’ai fondé le Grim en 1978. Il m’a appelé à ses côtés pour venir jouer avec lui et Gérard Siracusa. Ensuite, il y a eu aussi des rencontres sur disques qui n’ont pas été des rencontres physiques parce qu’à Marseille à la fin des années 70, il n’y avait pas énormément de concerts de musiques improvisées ; on écoutait donc ça par le moyen des vinyles. La rencontre auditive marquante, ça était Duo 2, le disque de Derek Bailey et d’Anthony Braxton qui m’a fait définitivement passer du rock underground à la musique improvisée. Ensuite, j’ai rencontré des musiciens comme Fred Frith, John Russell, Chris Cutler avec qui j’ai joué et qui sont des points un peu marquants.

J : Comment tu pourrais définir ton univers musical ?

JMM :Comme je n’ai pas de formations particulières dans un genre musical précis, je suis dans les champs qui m’intéressent, qui m’interrogent et qui par certains côtés peuvent me déranger aussi. J’ai l’impression de faire de la musique contemporaine mais j’ai toujours du rock underground dans la tête quand je joue. Je n’ai pas l’impression d’avoir dérogé à mes origines, à mes racines. Tout ce que j’ai pu rencontrer comme musiques pendant ces 25 dernières années sert à alimenter les musiques possibles maintenant ; c’est à dire les musiques qui existent avec les nouvelles technologies, avec des instruments qui existaient déjà il y a 15 ou 20 ans mais aussi avec ce qu’il y a de nouveau,_ c’est intéressant non pas parce que c’est nouveau mais parce que ce sont des instruments qui sont pour la plupart encore en devenir, et je pense à toutes les électroniques bidouillées, au laptop ou à l’ordinateur. Les confrontations sont les mêmes que celles qu’on pouvait avoir entre des genres musicaux il y a 30 ans, quand la musique contemporaine rencontrait le free jazz ; on est sur les mêmes territoires... C’est ces champs là qui m’intéressent parce que politiquement, ils sont intéressants, et donc ils le deviennent musicalement.

J : Politiquement ?

...

JMM :"C’est une façon de fonctionner, c’est une attitude face à la vie de manière générale et à ce qu’on a décidé d’en faire. Effectivement, je suis musicien, je codirige un lieu, j’ai fondé le GRIM avec des musiciens à Marseille il y a 25 ans maintenant ; on a crée Montevideo avec Hubert Colas, il y a quatre ans : tout ça nécessite des engagements, un investissement dans ce qu’on fait, dans la manière de le défendre et dans la manière de le faire. On n’a pas ouvert un lieu pour ouvrir un lieu : c’est pour y faire des choses qu’on avait envie d’y faire et aussi pour se laisser surprendre par ce que ce nouvel outil nous propose ; c’est une attitude active et réactionnelle d’échanges entre les gens et les choses qui permet d’élaborer de nouveaux matériaux. Et dans la musique, dans la manière de faire de la musique, c’est pareil.

J : Tu travailles souvent en collaboration avec d’autres disciplines artistiques...

JMM : Oui, et ça depuis le début. Je dirai même un peu avant le début - c’est ce qui est un peu étonnant avec le recul. Ma première véritable expérience musicale en tant que musicien amateur, c’était lorsqu’on m’avait demandé de monter un groupe pour faire la musique d’une pièce de théâtre, d’après "Les chants de Maldoror" de Lautréamont monté par Maurice Vincent au Gymnase, ça devait être aux alentours de 1972 / 73. Ma première expérience professionnelle, c’était au sein d’une compagnie de théâtre qui s’appelait "L’Attroupement", une compagnie de Strasbourg qui était de passage à Marseille avec laquelle je suis parti ensuite en 1977. Le premier contact, ça a été avec le théâtre, avec le texte, avec la langue ; marier ces deux moyens d’expression me plaisait beaucoup. J’ai été également amené à rencontrer d’autres formes comme la danse ou la poésie sonore ; j’ai travaillé avec des écrivains et je travaille toujours avec le collectif Skalen où l’on est maintenant dans une problématique tripratique qui est danse, musique et vidéo en live. On a eu aussi des expériences avec des peintres, des sculpteurs, des poètes. C’est quelque chose qui est indispensable pour moi : je ne peux pas me résoudre à imaginer que je puisse faire de la musique qu’avec des musiciens. je crois que ça va avec la musique improvisée de rencontrer d’autres formes d’expression. Je crois que si la musique improvisée ne se fait qu’entre musiciens de musiques improvisées, elle va disparaître.

J : Quelles sont les passerelles qui peuvent exister entre le visuel et la musique ?

JMM :Les passerelles sont multiples. Avec le théâtre, quand je travaille avec Hubert Colas ou Peter Palitzch ou Angela Konrad ou Jean-Claude Berrutti, c’est essentiellement un travail avec le metteur en scène. J’essaie de me nourrir de l’imaginaire du metteur en scène, j’essaie de comprendre ce dont il aurait envie, ce dont il rêve pour son plateau. Pour moi, le challenge est de créer un univers sonore que je sois en mesure de défendre et d’assumer de A à Z en sachant que l’on est dans une problématique qui est différente de celle du concert ou de celle de l’enregistrement d’un disque. La dominante est déterminée par l’objet qui demande au son d’intervenir. Il faut rentrer dans cette dynamique en en respectant les règles sans vendre son âme au diable. Pour le cinéma ou pour l’image vidéo(je parle du cinéma en tant que formes expérimentales, je ne parle pas de faire des musiques de films ou de feuilletons), c’est un peu plus simple parce qu’on est sur des dynamiques beaucoup plus proches ; c’est à dire qu’on peut travailler à l’impro jusqu’à qu’on te dise que cela va à ce moment-là et donc on le garde. Et en retour, l’image peut servir énormément à la musique aussi dans le sens où j’ai moi même utilisé des films muets pour diriger des ateliers de musique pour des gens qui ne connaissaient pas la musique, qui ne savaient pas lire la musique et qui ne se connaissaient pas entre eux ; j’ai donc utilisé le cinéma, l’image comme une partition graphique en mouvement où on retrouve ( et ça avec des films de Buster Keaton, Nosferatu, "La Chute de la maison Usher, par exemple) dans le déroulement de l’image dans le temps la même problématique que le déroulement du temps sur le papier ; les notes sur le papier ne sont finalement que du rythme qui s’étale entre un point d’entrée et un point de sortie (le début et la fin de la partition). Pour des gens qui ne savent pas lire la musique (dont je fais partie), c’est pratique d’avoir des ressources autres que celles de la simple convention.

J : Les projets en cours ?

JMM :"Dans l’immédiat, il y a les dates du 12 et le 13 mars, directement liées aux activités du GRIM / MONTEVIDEO sur la rencontre "Sous le signe de l’écrit sur l’improvisé" : outre les rencontres avec les journalistes de la presse spécialisée, il y a aura des concerts qui le soir feront le pendant de ce qui aura été dit l’après-midi ou qui démontreront le contraire (ce que j’espère, comme ça le lendemain on pourra en reparler) ; il y a ensuite le projet de création avec le collectif Skalen pour juillet au festival de Marseille ; j’ai un projet à Limoges avec un quatuor à cordes et un groupe de musiques plus improvisées rock avec Ahmed Compaoré, Jean-Michel Ponty et un musicien de Limoges qui n’est pas encore défini ; C’est un double quatuor en relation avec des sons d’usine. On a fait une captation sonore sur toutes les usines qui constituent cette technopole ; on retravaille en studio et il y a une partition, écrite par Gilles Colliard et il y aura une diffusion en live de ce double quartet avec une chorale, constituée par les employés des usines dans lesquelles on a fait les enregistrements ; les projets, il y en a beaucoup d’autres mais on ne va peut-être pas en faire l’énumération.

J : La création du GRIM...

JMM :"On l’a fondé en 1978. Cette date marque le dépôt au journal officiel ; mais on fête les 25 ans cette année parce que je préfère fêter la première année de programmation que le dépôt au journal officiel. Les premiers concerts ont eu lieu en 1979. Je suis un des fondateurs ; au départ, comme je l’ai dit tout à l’heure, il y avait André Jaume, Gérard Siracusa, Lionel Dublanchet, David Rueff et moi. Ensuite, de manière échelonnée dans le temps, chacun d’eux a pris des orientations différentes. Moi, j’ai continué à vouloir vivre et travailler au pays, je n’ai eu aucune envie de m’expatrier et je suis resté à Marseille avec la conviction que c’était une ville possible pour ces musiques-là ; c’était quand même le postulat de base de notre structure quand on était tous les cinq autour d’une table pour définir les objectifs du GRIM ; on souhaitait effectivement donner au jazz et aux musiques improvisées la scène qu’ils méritaient à Marseille qui est la deuxième ville de France et où à cette époque-là, on avait un concert de jazz que de temps en temps... Il fallait faire une structure qui permettait aux gens d’avoir au moins un accès à cette musique avec comme objectifs de travailler autour de la diffusion, de la pédagogie, de la création, de la formation des publics, etc.

J : Le GRIM mène donc aussi une action pédagogique importante, que souhaitez-vous faire passer à travers elle ?

JMM : Je ne me sens pas vraiment investi de la mission de faire passer quelque chose : je n’est pas vraiment la prétention d’avoir quelque chose à transmettre. Ce que je crois, c’est qu’entre les personnes qui ignorent tout de cette musique-là et celles qui sont un peu au courant, il y a une partie de la population qui aimerait avoir un lien entre ce poste apprentissage et pas encore la pratique. La forme d’atelier, c’est la forme la plus adaptée pour faire se rencontrer des gens qui ne se connaissent pas. Par exemple, pendant un workshop d’un week-end, il s’agit de leur permettre de faire de la musique ensemble et de les guider un peu dans leurs travaux. La dimension sociale est également très importante. Je pense que c’est essentiel d’avoir un lien social avec sa propre pratique. Mais là du coup, c’est presque égoïste : je pourrais d’avantages parler de ce que ça m’apporte que de ce que ça apporte aux autres ; parce que ce que ça apporte aux autres, finalement, j’en sais rien. Je sais, par exemple, que j’ai besoin une fois par an de faire un atelier pour enfant. Je sais que c’est quelque chose qui me sert ; j’imagine que ça sert aussi aux enfants mais après je ne suis plus là pour savoir ce qu’ils en font. Par contre, je sais ce sur quoi ça me permet de m’interroger (et de travailler avec des amateurs également ) ; ça me permet de réfléchir sur ce que l’on peut nous en étant dans le bain tout le temps de la pratique, de la création, de la réflexion sur l’instrument, et aussi sur les formes qui sont des habitudes ; ça permet de mettre le doigt sur des éléments qui peuvent être des évidences et qui finalement n’en sont pas ; par exemple, travailler une forme simple rythmique avec des enfants qui semble évidente, on peut se rendre compte que cette évidence est fausse et que justement l’endroit où l’on pensait pouvoir passer rapidement, eh bien il faut s’y attarder un peu plus et prendre le temps pour que ce truc-là devienne aussi une évidence pour quelqu’un d’autre. Ainsi, ça m’apprend à ne pas me laisser avoir par les apparences.

J : La création de l’Espace Montevideo ?

JMM :"On a crée ce lieu avec Hubert Colas, Le Grim et la compagnie Diphtongue ; c’est en lien direct avec ce dont on parlait tout à l’heure concernant les passerelles. J’ai rencontré Hubert Colas sur la pièce de Witold Gombrowicz "Mariage" qu’il a mis en scène en 1997 et dont j’ai réalisé la musique. On s’est rendu compte à l’occasion de ce travail là qu’on était sur des territoires vraiment très proches. Lui dans son domaine, moi dans le mien, bien qu’avec des points de rencontres très sporadiques. Sachant que lui et moi cherchions un lieu, on s’est dit que le premier qui trouvait quelque chose qui pourrait convenir pour les deux prévenait l’autre. On a trouvé ce lieu, on en a parlé, on l’a visité et on s’est rendu à l’évidence qu’il était complètement bâti pour nous. On a donc crée Montevideo qui est un lieu de travail pour Hubert Colas, pour le Grim, pour moi. Comme vous avez pu le constater, ce serait dommage que ce lieu ne serve qu’à deux personnes, on l’a donc ouvert sur l’extérieur, un peu en tant que laboratoire pour qu’on puisse y voir des formes en cours de réalisation ou des travaux en perspective, accompagné d’un centre de ressources qui permet d’emmagasiner une documentation plus pérenne et qu’on peut venir consulter sur place sur l’écriture théâtrale contemporaine et sur les musiques improvisées.

J : Sur quoi se fonde la cohérence de la programmation du GRIM ?

JMM :"Bien souvent, on voit la cohérence d’une programmation à la fin de l’année, mais c’est surtout dans la manière de programmer qu’elle resurgit. Désormais, on commence à trouver l’économie. D’abord le fait d’avoir un lieu est important ; pour la première fois, le GRIM possède vraiment un lieu. Jusqu’à maintenant, on programmait ailleurs. Cela nous permet ainsi deux choses : d’avoir la possibilité de faire une programmation qui traverse une année, de savoir que dans une année je peux aujourd’hui programmer des choses pour décembre 2004,_ ce qu’il y a cinq ans je ne pouvais pas faire, il fallait que je demande un lieu à droite, un lieu à gauche, savoir si j’étais tributaire d’un changement de dernière minute, etc. C’était assez chaotique. Maintenant, j’ai la possibilité de faire des ponts assez longs. Je tiens toutefois à garder la possibilité de faire des ponts courts pour pouvoir être relativement souple et ne pas faire comme certains clubs qui programment à l’année et qui en mai ont déjà leur programme jusqu’à avril prochain ; ça c’est la vocation des scènes nationales, des salles de concert... Je pense qu’il faut garder une certaine souplesse dans un domaine, dans un champ musical qui se réclame de cette souplesse-là. Donc la cohérence de la programmation, effectivement, je la trouve parfois à la fin de l’année ; cependant, même si je sais les grandes lignes qui vont traverser la saison, je tiens à garder la possibilité d’au moins au trimestre, de ne pas savoir ce que je vais faire le trimestre d’après parce que Larry Ochs peut me dire "j’ai un super truc avec Fred Frith et une joueuse de koto japonaise, on a des dates dans 2 mois est-ce que ça t’intéresse ?" et si j’ai ma programmation bouclée, je suis idiot de ne pas pouvoir le faire et on aurait comme ça manqué Tim Sparks l’année dernière, e qui aurait été vraiment dommage.

J : Quelles sont les prochaines manifestations qui se dérouleront au Grim ?

JMM :Sous le signe de l’écrit sur l’improvisé : une rencontre assez informelle, qui a eu lieu l’année dernière. On a décidé de donner le plateau, où d’habitude on fait de la musique improvisée, à des gens qui écrivent sur de la musique improvisée. Je trouve très intéressant le fait de laisser s’exprimer des gens qui fixent de manière pérenne par l’intermédiaire de l’écrit en tant que matériau (du noir sur du blanc) des choses qui sont par essence éphémères, qui se diluent dans le temps et l’espace, si on ne les enregistre pas. Cette idée qui était presque un gag au début est devenue quelque chose de très sérieux, convivial, plaisant et intéressant. Les échanges et les débats se sont révélés passionnants ; on a juste regretté que ce soit si court, d’où la décision d’une nouvelle mouture, cette année, en le cadrant un peu plus, _ mais guère plus car cela doit rester ouvert sur l’idée d’une table ronde même s’il y a des thématiques définies ; ce n’est ni un colloque ni une conférence. Vincent Cotro va parler du sujet sur lequel il travaille en ce moment : les hommages. Et le sous-titre, c’est moi qui l’ai trouvé : "Hommage, recyclage ou création ?". Car c’est vrai qu’il y a en ce moment une propension à rendre hommage à un tel et un tel... Est-ce que ce n’est pas une manière de se cacher devant l’absence de perspectives. Vincent va s’exprimer sur ce sujet. Improjazz, Jazzmagazine, Vibration, Octopus, Revue et Corrigé, etc. seront représentés. Ensuite, les tables rondes laisseront place à des concerts (Urs Leimgruber, Gert-Jan Prins, Jacques Demierre et Isabelle Duthoit, Will Guthrie, Jacques Di Donato et moi-même).

J : Et en Avril ?

JMM :Electronicitta : une rencontre franco-italienne sur le thème de l’utilisation des technologies nouvelles et de l’électronique comme prolongement de l’instrument. L’idée, c’est d’inviter des musiciens qui sont d’anciens instrumentistes utilisant l’électronique pour modifier leur instrument ou leur conception de la musique. Certains sont passés complètement à autre chose. Par exemple, Domenico SCIAJNO, contrebassiste palermitain, peut venir uniquement avec son portable, il est passé au Laptop complètement mais il est toujours instrumentiste dans sa démarche. Ce n’est pas pour éliminer ceux qui n’utilisent que le laptop des origines à nos jours comme instrumentistes : d’autres structures sont sur ces champs-là et je pense que ce n’est pas à nous de marcher sur ces territoires. La façon dont on développe ces rencontres franco-italiennes sur les 4/5 jours en collaboration avec radio Grenouille et le F.I.D. (Festival international du film documentaire) est une problématique de création. La semaine se terminera par un travail sur un film muet dont la bande sonore sera réalisée en direct.

J : Les moments forts du Grim...

JMM :"Pour moi, chaque concert est un moment fort ; donc on ne va pas parler de la musique ; un moment fort : la rencontre avec Diphtongue et la création de l’Espace Montevideo parce que c’est un vrai challenge , c’est important de le souligner. Il est relativement rare que deux artistes rentrent dans un lieu sur leurs fonds propres (parce qu’on est rentré avec les fonds de Diphtongue et les fonds du Grim). On a fait un pari sur l’avenir. On s’est dit on rentre là dedans et on a invité les tutelles ; on leur a dit voilà ce qu’on a envie de faire, "est-ce que vous nous suivez" et on a eu de la chance, ils ont dit "oui",_ ça aurait pu être le contraire. Notre cahier des charges, c’est nous qui le faisons parce que de toutes façons, on a mis la barre très haut ; on déborde d’envies, on est même obligé de se réfréner parce qu’on n’arrive pas à suivre nos propres désirs. Effectivement, il faut être un peu réaliste, il ne faut pas tuer l’équipe : être à la mesure du mieux et ne pas aller plus vite que la musique, pour ne pas tuer l’identité de ce qu’on a envie de créer. C’est vrai que c’est toujours un lieu en construction et c’est en cela que ça été un moment fort : cela a été une sacrée décision de presque repartir à zéro 25 ans après."

J : Le mot de la fin...

JMM :"Il faut espérer que ce type de travaux, de démarche et d’initiatives puissent, dans l’avenir, continuer à vivre et d’autres à éclore ; ce qui ne semble pas être dans l’air du temps des politiques actuelles. C’est un surcroît de travail dont on se serait passer que de mobiliser de fait, de l’énergie à se dire que tout ça, c’est attaqué et c’est mis en péril de la manière la plus stupide qui soit : par l’ignorance.

G. M.

Site de l’artiste : http://www.myspace.com/jeanmarcmontera

Interview publié initialement sur le site Jazzbreak.com






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