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Publié le : 11 janvier 2011
Naissance d’un nouveau label : Discobole Records...

Même si les années 2000 ont été marquées par la chute des ventes de disques, 2010 a pourtant vu naitre plusieurs labels de qualité comme par exemple Discobole Records, engendré par un petit collectif de jeunes musiciens parisiens (association Sextylédone). Ce « label associatif » demeure, selon ses créateurs, « une entreprise artisanale et artistique qui enregistre de la musique et fabrique de beaux objets pour l’emballer. Le label cherche avant tout une cohérence entre contenu, contenant et système de vente.(autodistribution) ». Discobole démarre son activité avec deux productions pertinentes et prometteuses : Belle de Nuit (NhoG) et La Douceur (Sibiel).

 

 

Le trio NhoG rassemble cordes et vents (Nicolas Naudet , clarinettes ; Stéphane Hoareau , guitare électrique ; Théo Girard , contrebasse ) et résulte d’une longue complicité initiée au conservatoire de Montreuil dans les classes de Denis Colin et Mano Valois.
Cette instrumentation assez atypique permet sans doute beaucoup de libertés et un déploiement d’espaces sans cesse activé. Elle suscite également un alliage de sonorités dont NoGH sait très finement étendre la palette. Belle de Nuit présente une dimension narrative évidente et se déroule comme un film, évoluant de tensions en résolutions et gardant comme fil conducteur une sorte de présence charnelle et voluptueuse teintée d’une mélancolie enchanteresse. Impression renforcée par les titres évocateurs de chaque séquences et le titre de l’album lui-même (une référence à Belle de Jour de L. Bunuel ?). Quoi qu’il en soit les 12 compositions de Nicolas Naudet nous plongent dans un univers mystérieux dont la profondeur nous happe irrémédiablement. On s’y enfonce à chaque écoute avec toujours plus de plaisir. Cette Belle de Nuit possède une force d’existence qui nous émeut au plus haut point...

 

 

Quand au trio Sibiel, il nous livre avec La Douceur un projet tout aussi passionnant. Lui aussi propose une formule instrumentale originale, avec cette fois une dominante cordes : Jean-Philippe Feiss, violoncelle, David Potaux-Razel, guitare électrique et Théo Girard , contrebasse.
L’improvisation reste bien entendu de mise mais se teinte parfois d’influences minimalistes ou se laisse parcourir, à d’autres instants, par des accents rock psychés. Nous glissons ainsi sur les reliefs contrastés de La Douceur. Encore une fois, nous sommes en présence d’une musique respirante, à la puissance évocatrice étonnante et dont les divagations célestes nous délectent...  

Ces deux premières parutions dévoilent la cohérence et l’exigence qui caractérisent la ligne éditoriale de ce nouveau label, auquel on souhaite longue vie !

Site du label : http://www.discobolerecords.fr

Géraldine Martin






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